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PREDICATION POUR LE JOUR DE NOEL 2024 A TONNEINS
Partage
Esaïe 52/7 à 10, Hébreux 1/1 à 6, Jean 1/1 à 18
Chers frères et sœurs, (chers enfants ?)
Quelle joie de se retrouver en ce matin de Noël pour partager ensemble le plus grand événement que l’histoire des hommes ait compté : la naissance du Sauveur.
Quelques 3 siècles avant l’arrivée de l’enfant de Bethléem, Esaïe écrivait :
« Qu’il est beau de voir venir, franchissant les montagnes, un porteur de bonne nouvelle. Il annonce la paix, le bonheur et le salut » (Es. 52/7).
Quelques décennies après le ministère de Jésus, Jean l’évangéliste lui, aborde la genèse, le commencement de la vie de celui qu’il désigne comme « la Parole », « le Verbe », deux termes qui peuvent traduire le mot grec « logos ».
Chez Jean, pas de récit de la nativité, de l’enfance du Seigneur. Sa conception et ses premières années ne sont pas évoquées.
En ce jour de Noël, le 4ème évangéliste nous propose un hymne, un prologue dans lesquels il veut nous faire découvrir ce que change la venue de cette « Parole » incarnée, ce qu’est la nature profonde, la véritable identité de celui qui est au centre de son écrit, « Jésus de Nazareth ».
Chers amis, (chers enfants ?), que fêtons-nous exactement aujourd’hui ? La naissance d’un Messie qu’avaient annoncé les prophètes du 1er testament ? L’arrivée d’un homme humble et discret que la volonté de Dieu a transformé en Sauveur de tous les hommes ?
Un être humain aux capacités d’empathie, d’amour et de bienveillance particulièrement exceptionnelles qui, vers l’âge de 30 ans a déplacé les foules et a fini crucifié à Jérusalem ?
C’est peut-être un peu tout cela à la fois et force est de constater que la venue et le passage de Jésus sur notre terre ont laissé des traces et ouvert de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives.
Pour Jean, reprenant le début du livre de la Genèse, la Parole est au commencement de toute chose, de la Création et de la vie.
Et celui qui va donner chair à cette Parole fondatrice, qui va faire basculer l’histoire des hommes jusqu’à aujourd’hui, c’est Jésus, Jésus le Christ, dont Jean nous dit qu’il est le Fils unique de Dieu.
Voilà près de 2000 ans que les chrétiens fêtent la naissance de Jésus même s’il est important et honnête de rappeler que la date du 25 décembre a officiellement été choisie par l’Eglise de Rome au 4ème siècle sous le règne de l’empereur Constantin et aurait d’ailleurs coïncidé avec les festivités païennes du solstice d’hiver afin d’en faciliter l’adoption par la population.
Nous avons donc bien peu d’assurances sur la date, les détails et le contexte de la naissance de Jésus. Mais son existence historique, son aura spirituelle, la puissance de son message et son destin messianique ne sauraient être remis en cause.
Pour Jean comme pour les disciples, croyants et chrétiens du XXIème siècle, l’arrivée de Jésus nous déplace, nous transforme ; elle peut parfois nous submerger d’émotions et elle ne laisse personne indifférent.
Comment concilier la présence d’un Seigneur et d’un Sauveur dans notre monde et faire, en même temps, le tragique constat que les guerres, les crimes de masse, les catastrophes climatiques et naturelles, la folie des hommes, emportent avec eux tant de vies innocentes ?
Jean écrit que la lumière brille dans l’obscurité et que l’obscurité ne l’a pas arrêtée, ne l’a pas reçue.
De tous temps et jusqu’à aujourd’hui, pour trop d’humains, les fêtes religieuses chrétiennes sont de simples balises dans les calendriers, des rites vides de sens et Noël ne fait pas exception à la règle.
Mais pour nous disciples réunis ce matin, chrétiens engagés dans notre Eglise, Noël ouvre à nouveau une porte sur la joie, la joie simple de pouvoir se dire qu’un autre monde est possible, que les fatalités qui nous écrasent n’ont rien de définitives et d’irrévocables.
Et comme nous avons besoin de nous réjouir, de nous réunir, de nous retrouver tant les nouvelles transmises par les médias pourraient nous désespérer.
Comment ne pas penser à ces chrétiens qui fêtent Noël sous les bombes, à ceux qui nous demandent de ne pas les oublier durant les fêtes.
Tous ceux qui accueillent cette Parole ce matin sont les enfants de Dieu écrit Jean. Mais bien que membres de la grande famille chrétienne, des frontières géographiques, culturelles, linguistiques ou confessionnelles peuvent nous séparer. Ce sont parfois même des remparts, des murs d’incompréhension qui se dressent. Les canaux de communication sont coupés et des conflits surgissent.
Nous pouvons nous rappeler les Béatitudes prononcées par Jésus et rapportées par Matthieu où il nous dit :
« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Mat. 5/9)
Oui chers amis, le nouveau-né de Bethléem ne vient pas dresser des barrières entre nous ce matin : les bons d’un côté, les méchants de l’autre ; les catholiques à droite, les protestants à gauche ; les chrétiens et les non-chrétiens ou les croyants et les non-croyants chacun dans un coin.
Noël, c’est s’émerveiller du cadeau que Dieu fait à tous, sans distinction.
Un vieil ami d’origine sénégalaise me disait que dans ce pays d’Afrique, majoritairement musulman et où les chrétiens sont largement minoritaires, tous fêtent Noël, dans un moment de fraternité et de convivialité contagieux.
Noël, c’est l’opportunité que Dieu nous donne d’oser des gestes d’amitié, d’oser dépasser nos clivages et dépasser notre entre-soi.
J’ai personnellement eu le plaisir il y a 3 ou 4 jours de recevoir une carte et un petit mot du nouvel évêque d’Agen, Alexandre de Bucy me souhaitant un heureux Noël. C’est aussi à notre Eglise qu’il s’adressait et je me suis bien sûr empressé de lui répondre.
Je crois que notre émerveillement, notre émotion devant ce Dieu fait homme, cette Parole faite chair, devant le nourrisson de Bethléem ne peut que nous rapprocher les uns les autres, nous unir dans une joyeuse communion.
Ce jour et ce temps de Noël sont d’autant plus précieux que nous savons qu’ils ne sont qu’une parenthèse dans un quotidien parfois bien difficile, morose et rempli d’épines.
Mais nous pouvons et pourrons garder un peu de cette innocence, de cette fraicheur que fait naître en nous l’évènement de ce jour de fête.
Jean l’évangéliste évoque la venue du Baptiste qui va rendre témoignage à la lumière qu’est Jésus. Car, écrit-il, « cette lumière est la seule vraie lumière, celle qui vient dans le monde et qui éclaire tous les êtres humains ».
Et cette lumière qui naît à Noël, chers frères et sœurs, il ne tient qu’à nous qu’elle ne s’éteigne pas.
Ella va éclairer nos nuits, nos ténèbres, nos zones d’ombre, nous empêchant de chuter, illuminant notre quotidien pour les mois à venir.
Nous savons bien sur que nos soucis personnels, les graves troubles que connait notre monde ne vont pas s’évaporer comme par magie.
Mais nous avons la certitude et nous croyons que dorénavant, nous ne sommes plus seuls sur nos chemins ; unis aux générations de chrétiens qui nous ont précédé, en communion avec ceux d’aujourd’hui et de demain, nous avançons dans la lumière de Bethléem.
La naissance de Jésus inaugure un temps nouveau, une nouvelle ère.
Nous avons chanté durant le temps de l’Avent ce cantique que vous connaissez tous et qui commence par ces simples paroles :
« Toi qui es lumière, toi qui es l’amour, mets dans nos ténèbres, ton Esprit d’amour ».
C’est peut-être cela qui nait aussi en ce jour de Noël ; un Esprit d’amour dont rien, ni personne ne peut entraver l’action.
Cette Parole qui s’incarne, elle est au milieu de nous aujourd’hui et elle ne nous quittera plus.
Que la joie de ce Noël et la certitude de la présence agissante de Dieu, présent en Jésus-Christ nous accompagne au quotidien, dès maintenant et pour nos lendemains.
Joyeux Noël ! Amen