- Accueil
- Actualités
- Prédication
- PREDICATION POUR LE DIMANCHE 18 JANVIER 2026 A MARMANDE
PREDICATION POUR LE DIMANCHE 18 JANVIER 2026 A MARMANDE
Partage
Esaïe 8/23b à 9/3 et Matt. 4/12 à 23
Chers Amis, chers frères et sœurs,
Le récit que nous venons d’entendre dans l’évangile de Matthieu se situe après deux évènements essentiels narrés dans ce même Evangile : le baptême de Jésus et sa mise à l’épreuve, l’épisode de sa tentation.
La première chose que va faire Jésus lorsqu’il aura vécu ces deux étapes primordiales va être de se constituer une équipe, un groupe d’amis, le groupe des disciples.
Le texte nous dit qu’il est itinérant, qu’il marche le long du lac de Galilée, lorsqu’il « voit », qu’il « tombe » littéralement sur Pierre et son frère André.
Sont-ils de grands théologiens, des maîtres de la loi, des « rabbis » réputés ? Aucunement, ce sont d’humbles pêcheurs, citoyens un peu périphériques de cette région galiléenne d’où est aussi originaire Jésus. Et se sont eux qu’il va choisir, des travailleurs manuels surement un peu méprisés.
Il les choisit car il sait très bien qu’il ne pourra jamais réussir sa mission ici-bas sans se constituer une solide équipe, un groupe fiable, sûr, une petite communauté d’amis en qui il pourra avoir toute confiance.
Jésus invite ces modestes travailleurs manuels comme il nous invite ce matin en disant cette simple parole :
« Venez à ma suite et ce sont des êtres humains que vous pêcherez ».
Oui chers Amis, c’est un véritable appel à l’aide que lance alors le maître et qu’il nous lance aussi aujourd’hui en nous disant :
« Laisse un peu de côté vos occupations du moment, laissez vos filets, vos habitudes et rejoignez-moi, j’ai un travail à vous donner ».
Des questions surgissent alors : « Quel est donc cette mission dont le Seigneur nous charge ? Suis-je apte, capable de répondre à cet appel ? Vais-je avoir le temps, l’énergie et les compétences pour le suivre et faire sa volonté ? »
Je crois que les 4 premiers disciples que sont Pierre, André, Jacques et Jean ne se sont pas posés longtemps ce genre de question.
Les charismes, l’autorité bienveillante de Jésus ont levé tous les freins et tous les obstacles.
On ne sait même pas si les premiers disciples savaient lire et écrire ; on peut imaginer qu’ils avaient un faible niveau d’instruction.
Cela devrait aussi pour nous, nous délivrer de nos complexes, lever nos moindres doutes sur notre condition sociale, économique ou sur notre statut dans la société.
Le maître regarde au cœur de chacun, il sonde chaque disciple en profondeur ; avec lui, nous ne pouvons nous retrancher derrière des : « Je n’ai pas les compétences, je n’ai pas assez de connaissances bibliques ou religieuses, je n’ai pas le temps ! »
Le Bible ne nous dit pas si les premiers disciples avaient une famille, une femme et des enfants… ce n’est pas exclu.
Mais c’est toutes affaires cessantes qu’ils répondent à l’appel du maître ; écoutons le texte :
« Aussitôt, ils laissèrent leurs filets et le suivirent »
« Aussitôt, ils laissèrent la barque et ils le suivirent » pour ce qui est des fils de Zébédée, Jacques et Jean.
Ce qui paraissait à priori être un chemin impossible ou tout au moins « improbable » devient possible sous la conduite de Jésus.
Oui, comme pour ses premiers amis, Jésus compte sur nous pour être « des pêcheurs d’homme ».
Oh bien sûr, il ne nous demande pas de tout laisser du jour au lendemain, habitudes, travail, famille, etc…
Mais il attend peut-être de nous que nous osions lancer nos filets pour partager l’aventure du Royaume avec lui.
Cette aventure, nous la vivons chacun, chacune dans l’Eglise et au-delà dans notre vie quotidienne.
Peut-être pouvons-nous créer, susciter les occasions de témoigner de notre foi auprès de nos plus proches.
Nos familles, nos amis, nos collègues seront peut-être les disciples de demain ; encore faut-il que nous ayons pu leur permettre de rencontrer Jésus.
Chacun, chacune, faisons mémoire de celles et ceux qui nous ont fait connaître le Maître, des évènements qui nous l’ont rendu présent.
Etait-ce un proche parent ? Un ami ? Notre éducation familiale ? La rencontre avec un pasteur ?
Peu importe, les bonnes recettes d’hier sont toujours valables aujourd’hui.
Alors que les temps sont durs, la situation internationale catastrophique et notre contexte national tendu, repensons aux paroles d’Esaïe que Jésus cite juste avant l’appel des premiers disciples :
« Pour ceux qui vivent dans le sombre pays de la mort, la lumière se lèvera »
Cette proclamation reste valable aujourd’hui plus que jamais.
Faire connaitre Jésus le Christ autour de soi, c’est véritablement éclairer nos contemporains, les amener des ténèbres qui les entourent à la lumière de la vérité et du salut.
Nous savons chacun, chacune que dans la rencontre avec Jésus, dans la réponse à son appel, il y a un avant et un après. La vie n’a définitivement plus la même saveur quand Christ y est présent.
La proclamation du Jésus Messie que nous avons entendu tout à l’heure reste pleinement valable et pertinente aujourd’hui ; écoutons-là à nouveau :
« Changez de vie, car le royaume des cieux est tout proche ! »
Oui, chers Amis, cette annonce et l’appel du Seigneur à ses disciples s’adressent aussi à nous.
Jésus sait, comme je vous le disais, qu’il ne peut mener tout seul sa mission. Entouré, épaulé et aidé de ses fidèles compagnons, tout devient possible.
Jean le Baptiste le disait déjà :
« Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits » (Matt 3/3)
Chers Amis, notre Eglise est là, aux avants postes dans la société, à la fois pas vraiment du monde et en même temps totalement impliquée en lui.
Nous pouvons ainsi nous rappeler du discours du président Emmanuel Macron en 2017, à l’occasion de la commémoration des 500 ans de la Réforme. Il avait dit alors aux protestants :
« Nous avons besoin que vous restiez les vigies de la République ».
Il est sans doute là, le noble rôle du disciple : à la fois servir le Seigneur et servir son Eglise mais aussi servir son prochain dans le monde et la société en tachant d’être des vigies, des guetteurs, qui préviennent des dangers et protègent les plus faibles.
Véritablement, soyons ces vigies, dont l’étymologie, notons-le est commune au mot vigilance.
Exerçons notre regard, engageons-nous dans la société pour témoigner de notre foi et dénoncer inlassablement les injustices et la violence.
La vie du disciple, que ce soit celle des premiers compagnons de Jésus, jusqu’à aujourd’hui n’a jamais été de tout repos.
Cela coûte de préparer le chemin du Seigneur, comme de rendre ses sentiers bien droits.
Mais quelle joie, quel bonheur lorsque l’on voit des proches emprunter le bon chemin, lorsque l’on peut être ce serviteur qui va favoriser la rencontre.
Matthieu l’évangéliste évoque en permanence un Jésus en déplacement, en itinérance.
En Galilée, le long du lac de Génésareth, de synagogues en synagogues, il chemine, il voyage, il transforme les vies.
Acceptons, chacun, chacune, même modestement, de nous joindre à lui, lui qui comme nous dit le texte de Matthieu « proclame la Bonne nouvelle du royaume et guérit les gens de toutes leurs maladies et toutes leurs infirmités » (Matt. 4/23)
Amen