PREDICATION POUR LE DIMANCHE 25 JANVIER 2026 A TONNEINS

1Cor. 1/26 à 31 et Matt. 5/1 à 12 a

Chers Amis,

Dans ce passage de la lettre que Paul adresse à l’Eglise de Corinthe, l’apôtre vient prendre à rebours toutes les logiques humaines.

Pour lui, la croix du Christ est venue bouleverser toutes les hiérarchies, tous les savoirs et toutes les valeurs en cours dans la société.

Deux couples sont ainsi mis en opposition : folie et faiblesse aux yeux du monde d’une part, sagesse et force d’autre part.

Oui, chers Amis, faire le constat d’un Messie crucifié, mort scandaleusement de la pire manière qui soit, dans le dénuement et la faiblesse est intolérable.

Mias croire que sa résurrection le 3ème jour est totale et absolue vient percuter les soit disant « sagesses humaines » et la « bien-pensance », la force des puissants et des « grands de ce monde ».

Aujourd’hui encore et peut-être plus que jamais, le monde semble partagé entre des responsables dont le pouvoir et la richesse leur donnent tous les droits et ceux dont l’apôtre dit qu’ils sont en bas, qu’ils sont méprisables et qu’ils ne valent rien aux yeux de ce même monde.

Hier dans l’empire Romain et aujourd’hui dans notre quotidien hyper connecté, les informations circulent rapidement ; que nous dit ce Sauveur mort sur la croix, ce Messie humilié et torturé ?

Pour Paul, il est celui qui, une fois pour toute, nous délivre du péché. Il est celui dont le ministère, l’extrême attention aux plus petits de ses contemporains, les exclus, les marginaux, les sans-grades, les étrangers, nous oblige à déplacer notre regard.

Oui, Christ n’est pas la propriété des présumés sages, des forts et puissants.

Dieu le Père a fait le choix, une fois pour toute de manifester sa présence en son Fils auprès de ceux que l’on entend peu ou rarement, au sein de nos Eglises, souvent fragiles, vieillissantes et dont la voix semble peu porter.

Mais comme l’écrira Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, n’est-ce pas justement dans la faiblesse que la puissance de Dieu s’accomplit ? (2 Cor. 12/9)

N’est-ce pas dans le crucifié du Golgotha que le Père va mettre toute sa force de vie qui va nous permettre de rencontrer le Christ ressuscité et vivant ?

Alors que nos Eglises chrétiennes, notre société et toutes les nations semblent traversées par un désespoir et un pessimisme certain, alors que tant de mauvaises nouvelles s’accumulent dans notre pays et à l’international, c’est encore et toujours cette Bonne Nouvelle du Royaume à nos portes qui nous donne courage et qui nous relève.

Dieu veut détruire nos illusions de nous sauver nous-mêmes. Paul nous rappelle fort justement que ce ne sont pas les belles sagesses et philosophies, l’argent ou la technique qui vont contribuer à notre salut.

En bons protestants, nous affirmons simplement mais fermement que notre salut vient de la foi en ce Messie improbable, surprenant dont les 4 Evangiles nous narrent le ministère, sa mort et sa résurrection.

Le discours sur la montagne que l’on appelle aussi les Béatitudes et que l’on a également écouté dans l’Evangile de Matthieu complète les écrits de l’apôtre Paul. Nous n’allons pas reprendre toutes les paroles du Seigneur :

  • Heureux ceux qui sont humbles de cœur car le royaume des cieux est à eux.

  • Heureux ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu

  • Heureux ceux qui ont faim et soif d’un monde juste, car ils seront comblés.

Oui, frères et sœurs, c’est dans une vraie humilité, non une humilité factice que s’ouvre les portes du Royaume des cieux.

C’est également dans la pureté du cœur que Dieu se laisse voir et rencontrer.

Le Christ de Matthieu nous rappelle que la faim et la soif de justice sont non seulement légitimes, mais surtout qu’elles sont comblées.

Et l’on retrouve peu de ces aptitudes, de ces qualités parmi ceux qui se croient importants.

Loin de nous et probablement loin de Paul l’idée de condamner ou rejeter les sages et les puissants de ce monde.

Bien souvent et de façons régulières, dans notre liturgie et en particulier lors de la prière d’intercession, nous prions pour les responsables des nations et pour nos dirigeants. Je trouve cela très bien et très important. N’oublions pas qu’ils et elles sont de simples humains, faillibles et imparfaits comme tout un chacun.

Si en France et en Europe occidentales, nous avons la chance de vivre dans des démocraties, certes imparfaites mais relativement solides, reconnaissons que, comme au temps de l’apôtre Paul, le monde est secoué par des régimes autocratiques, par des dirigeants habités d’un désir de puissance et de domination qui fait fi du destin des plus petits et des plus humbles.

Paul écrit simplement ceci : « Aucun être humain ne peut faire le fier devant Dieu » (1 Cor. 1/29)

Si le Christ des Evangiles n’a de cesse de se tourner vers les plus méprisés du peuple d’Israël, publicains, femmes adultères, Samaritains ou étrangers, c’est qu’il voit, qu’il découvre la grandeur, la noblesse et la foi chez chacun d’eux.

Le grand écrivain indien Rabindranath Tagore, qui fut prix Nobel de littérature en 1913 a écrit une œuvre magnifique. Il attire l’attention sur le gouffre qui sépare les puissants, les hauts responsables et dirigeants des nations qui sont toujours prisonniers de leurs rôles et leurs fonctions, enfermés dans des jeux de pouvoir et les plus petits qui sont finalement des êtres d’une liberté intérieure totale, souvent habités par une vraie sagesse.

Jésus n’a de cesse de nous rappeler que les hiérarchies humaines ne sont pas celles de l’Eternel.

« Beaucoup qui sont maintenant les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » nous dit-il.

Oui chers amis, chacun, chacune, nous avons une valeur infinie aux yeux de Dieu. Nous n’avons pas à nous sentir indignes de son amour ou de sa tendresse.

Dieu en son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur a cette capacité à lire dans nos cœurs et à voir ce qu’il peut y avoir de grand et de noble même chez ceux qui se croient irrémédiablement perdus.

Les richesses et les premières places tant convoitées par des humains dévorés par l’ambition et le goût du pouvoir n’empêchent aucunement Dieu de sonder leur être intérieur.

Paul rappelle simplement à ses amis de Corinthe que « c’est Dieu qui nous a unis à Jésus-Christ et qu’il a fait du Christ notre sagesse » (1Cor.1/30)

Dans la lecture de la Bible, dans la méditation régulière de la Parole, dans la pratique de notre foi au sein de son Eglise, c’est bien la sagesse de Jésus-Christ qui nous est offerte.

Et cette sagesse n’a pas de prix ; elle s’offre à chacun, à chacune et elle est le plus grand des trésors.

Et Paul de nous rappeler simplement ceci :

« Si quelqu’un veut faire le fier, qu’il mette sa fierté dans ce que le Seigneur a fait »

Amen.

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