PREDICATION POUR LE 24 DECEMBRE 2025 A MARMANDE

Matthieu 1/1 à 17 TOB

Chers frères et sœurs,

En ce soir de Noël, c’est donc la généalogie de Jésus que nous sommes invités à découvrir ou redécouvrir.

Le texte grec qui ouvre le Nouveau Testament, dans le premier chapitre de l’Evangile de Matthieu commence ainsi :

« Livre des origines de Jésus-Christ ».

C’est donc bien cette généalogie, longue liste de personnages sur 42 générations qui nous dévoile cette galerie des ancêtres de l’enfant Jésus.

D’ailleurs, le dictionnaire « Petit Robert » définit ainsi le mot généalogie : « Suite d’ancêtres qui établit une filiation ».

Et cette généalogie, cette longue liste est pleine de surprises et ne manque pas de nous étonner.

Relevons par ailleurs qu’en hébreu, le mot généalogie veut dire engendrement et histoire…. Et quelle histoire !!!

Ce sont donc 3 séries de 14 noms qui vont inscrire Jésus dans la tradition et la longue lignée du judaïsme.

Nous pouvons relever le parallèle entre les mots qui ouvrent l’évangile de Matthieu, « Livre des origines de Jésus » et le verset 1 du 5ème chapitre du livre de la Genèse où il est écrit « ceci est le livre des origines ».

Quelle histoire, nous disions-nous et quelles histoires signifiées par cette succession d’aïeul.les de l’enfant Jésus.

Cette liste commence bien sur par le patriarche Abraham, le nom Abraham qui signifie en Hébreu « père d’une multitude ».

Notons que la première série de 14 générations va d’Abraham à David et fait référence à l’histoire glorieuse d’Israël.

De cette ascendance, réelle ou mythique, car il y a, sans aucun doute, le désir de Matthieu d’inscrire Jésus le Messie dans une grande lignée, nous pouvons noter et relever l’importance de la place des femmes.

Elles sont 4 en effet durant les 14 premières générations, Tamar, Rahab, Ruth, et la femme d’Uri, Bethsabée.

La 5ème femme citée sera Marie, la mère du Seigneur.

Il n’est pas vraiment dans les habitudes et les coutumes du peuple juif de l’antiquité de citer tant de femmes dans une généalogie… et de surcroit, quelles femmes !

Sans rentrer dans tous les détails de leurs vies que l’on peut découvrir dans les livres du premier Testament, notons que le moins que l’on puisse dire est que leurs existences chaotiques interrogent sérieusement la morale.

Tamar, veuve et abandonnée va nouer une relation incestueuse avec son beau-père.

Rahab est une étrangère, cananéenne et prostituée à Jéricho. Elle va protéger des espions hébreux et reconnaitre que leur Dieu est le vrai Dieu.

Ruth, elle aussi est étrangère car moabite. Mais elle va suivre sa belle-mère Noémi dans le pays d’Israël et refuser de l’abandonner.

Bethsabée enfin, sera la victime des terribles manipulations du roi David, avec qui elle concevra et mettra au monde le roi Salomon.

C’est donc bien une ascendance entre ombre et lumière qui est celle de Jésus. Mais cette ascendance fait la part belle aux femmes, aux femmes que le monde jusqu’à aujourd’hui condamnerait de façon définitive voir lapidaire.

Cette généalogie insiste sur l’humanité de Jésus et elle nous renvoie à notre humanité propre.

Il se peut que dans chacune de nos familles, il y ait un ou une aïeul.le au parcours accidenté. Pour autant, il ou elle garde toute sa place dans notre mémoire.

En cette nuit de Noël me vient à l’esprit cette belle chanson de Maxime le Forestier, « Etre né quelque part ». Je vous en cite les premières paroles :

« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher.

Etre né quelque part pour celui qui est né, c’est toujours un hasard »

L’enfant Jésus dont nous fêtons la naissance cette nuit n’a pas choisi ses parents, ni son époque, ni sa famille, ni la ville de Bethléem.

Il semble que Dieu le Père ait choisi tout cela pour lui et pour notre plus grand bonheur.

Chaque nouveau-né, chaque enfant hérite ainsi d’une longue histoire familiale, d’une filiation qui va lui permettre de grandir dans sa vie et de se projeter dans le futur.

Mais, me direz-vous, à juste titre, qu’en est-il des orphelins, des orphelines, des enfants abandonnés et qui malheureusement grandissent sans parents ? Est-ce pour cela que les Ecritures n’ont de cesse dans les deux Testaments de nous appeler constamment à prendre soins de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger ?

Je crois que l’amour de Dieu est particulièrement présent auprès ce celles et ceux qui grandissent sans parents et en cette veille de Noël, pensons à toutes ces associations, protestantes ou non, qui agissent sur le terrain pour aider tant d’enfants.

Je ne vous en citerai que 2 : La Cause qui finance et soutien des orphelinats à Madagascar et en Haïti et l’association Adrar une goutte d’eau, dirigée admirablement par notre ami Claude Binet qui intervient également à Madagascar pour installer des adductions d’eau dans des hôpitaux, des écoles et des orphelinats également.

Oui frères et sœurs, pour Jésus, il n’y a pas de ces problèmes. Il a un père et une mère humains, une ascendance et un Père céleste, notre Père à tous qui vont veiller sur lui, l’aider à se construire, à devenir ce Messie qui en incarnant la Parole se révélera au monde comme le Sauveur. Rappelons-nous simplement, et nous l’évoquions dimanche que la signification du prénom Jésus est « Dieu sauve ».

La longue généalogie de Jésus l’inscrit, comme nous le disions, dans son humanité mais aussi dans le projet que Dieu a pour lui et à travers lui pour toute l’humanité.

Avoir le roi David dans ses ancêtres, être appelé « Fils de David » dans les Evangiles signifiait la messianité et la royauté de celui à qui l’on allait attribuer ce titre. De nombreuses prophéties du premier Testament en attestaient ( 2 Sam. 7, Isaïe 7, Michée 7, etc…)

De même, le découpage en 3 fois 14 générations montre le désir de Matthieu l’évangéliste d’inscrire Jésus dans l’histoire de l’alliance entre Dieu et son peuple.

Le nombre 14 est effet la moitié de 28, du cycle lunaire qui est, comme vous le savez bien de 28 jours.

Chaque cycle de 28 jours voit ainsi une période de croissance alterner à une période de décroissance. Il se peut que Matthieu ait voulu symboliquement évoquer une croissance de 14 générations d’Abraham à David, puis une décroissance de 14 autres durant l’exil et à nouveau une croissance durant 14 générations jusqu’à Jésus.

Alors que nous entrons à nouveau dans cette nuit de Noël, sachons nous émerveiller devant l’innocence de l’enfant de Bethléem mais aussi devant la promesse que Dieu nous fait en lui.

Oui frères et sœurs, en reprenant les paroles de la chanson de Maxime le Forestier que j’évoquais tout à l’heure, « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille », nous pouvons paraphraser l’artiste et dire : « Dieu a choisi des parents, a choisi une famille » pour son Fils bien-aimé.

Nos chants, nos cantiques sont à la gloire de Dieu, à la gloire de ce Dieu fait homme qui vient sur cette terre pour partager notre condition humaine.

Ce Christ, cet Emmanuel nous inscrit dans cette longue filiation, nous fait hériter de la mémoire des prophètes, nous rattache et nous relie à l’histoire de celles et ceux qui nous ont précédé dans la foi.

Dans cette relation fraternelle que nous sommes appelés à vivre pleinement avec lui, nous devenons tous enfants du même Père, nous nous découvrons ou redécouvrons chaque jour un peu plus frères et sœurs.

La fameuse et célèbre « sainte famille » devient la nôtre et chacune de nos propres familles en sont sanctifiées.

Oui, chers Amis, ce soir, cette nuit, demain, laissons éclater notre joie malgré les mauvaises nouvelles en France, les tragédies à nos portes, en Ukraine ou a Moyen Orient.

Nous sommes de la famille du Christ Jésus, du Sauveur, de ce petit nourrisson qui nait humblement dans une étable.

Rendons gloire à Dieu pour cela !

Joyeux Noël à tous et toutes !

Amen

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