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PREDICATION POUR LA VEILLEE DE NOEL LE 24 DECEMBRE 2024 A MARMANDE
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LUC 1/65 a 80
Chers frères et sœurs, chers amis,
Quelle joie, quel bonheur que de se retrouver ce soir, unis, réunis pour cette veille de Noël 2024.
Nous étions dans l’attente, dans l’espérance de vivre à nouveau ce temps de félicité durant toute la période de l’Avent et nous avons tant besoin de bonnes nouvelles dans un monde qui en compte si peu.
A 20 siècles d’écart, nous découvrons ou redécouvrons ce soir ce que les biblistes ont appelé « le psaume » ou le « cantique prophétique » de Zacharie.
Vous le savez peut-être, frères et sœurs, Zacharie est un vieux prêtre, qui n’espérait plus avoir d’enfant avec sa femme Elisabeth, elle-même avancée en âge.
Mais voilà, Dieu l’a informé que malgré cela, ils allaient avoir un fils et qu’ils l’appelleraient Jean, Jean le Baptiste.
Vous savez comme moi que les prénoms hébraïques ont toujours une signification. Zacharie veut dire « Dieu se souvient » et par la bouche du vieux prêtre, on découvre que Dieu se souvient de la première alliance, des promesses passées mais aussi qu’il agit dans le présent et pour le futur.
Lorsque j’ai été sollicité par la rédaction du PPT 2024, petit recueil de méditations et que l’on m’a demandé de travailler sur le cantique de Zacharie de ce 24 décembre, j’ai titré ce passage ainsi : « deux naissances et une promesse ».
En cette veille de Noël, c’est effectivement deux naissances que nous fêtons, celle de Jésus, cette nuit et celle de Jean-Baptiste, probablement quelques mois avant celle du nouveau-né de Bethléem.
Zacharie et son fils sont véritablement à la charnière de la première alliance, celle de Dieu avec le peuple d’Israël et la nouvelle initiée et préparée par Jésus.
Mais ces deux naissances contiennent en germe toute la promesse à venir d’un salut, d’une puissance de vie et de paix à venir.
Et comme cela résonne fortement en chacun d’entre-nous, la vie et la paix en ce 24 décembre 2024.
L’hymne prophétique de Zacharie peut être relu et interprété à l’aune de nos 2000 années d’histoire et d’un présent qui n’a rien perdu de son tragique et de ses souffrances.
Les mots qu’emploie le vieux prêtre, « Il a fait lever pour nous une force qui nous sauve », « il a manifesté sa bonté envers nos ancêtres et il s’est souvenu de son alliance qui est sainte » et tout son propos sonnent comme un formidable encouragement, une exhortation à nous réjouir de la Bonne Nouvelle de Noël.
Oui, Dieu est un Dieu fidèle, un Dieu qui tient ses promesses.
Les temps sont difficiles en Palestine quand Jésus vient au monde. Vous le savez, Jérusalem et Israël sont occupés par les Romains et les autorités politiques et religieuses juives sont partagées entre collaboration et résistance.
Bien autre est le contexte du Moyen Orient en ce Noël 2024. Mais aujourd’hui encore, le bruit des armes, la souffrance des victimes à Gaza, au Liban, en Syrie, ceux qui pleurent en Israël nous interpellent.
Nos réjouissances et notre joie peuvent être vécus sans culpabilité mais nous ne saurions oublier les drames qui se jouent si près de chez nous.
C’est peut-être justement parce que le monde va si mal que nous avons particulièrement besoin de vivre intensément, profondément ce Noël qui vient.
Lorsque Zacharie s’adresse à son petit garçon qui vient de naître, il lui dit : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Dieu très haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses chemins et pour faire savoir à son peuple qu’il vient le sauver en pardonnant ses péchés ».
Ce propos nous dit deux choses. La première est que, comme Jean-Baptiste, nous pouvons être prophètes du Dieu très haut, nous pouvons annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus à nos proches, nos prochains, nos familles et nos amis, quand bien même, ils ne seraient pas croyants. Préparer le chemin du Seigneur ne demande pas des qualités surhumaines ou extraordinaires ; écoute, empathie, bienveillance peuvent parfois faire de véritables miracles.
La deuxième chose que nous dit Zacharie en cette veille de Noël est qu’aucune situation individuelle ou collective n’est irrémédiablement bloquée ou perdue.
Le deuil, la maladie, les souffrances, les guerres et les conflits ne sont pas des réalités définitives et absolues.
A tous et toutes, l’enfant qui va naître à Bethléem nous annonce le salut et le pardon.
Aussi lourds puissent être nos remords, nos sentiments de culpabilité ou d’échecs, quel que soit le poids de nos regrets ou nos inquiétudes pour l’avenir, Dieu vient cette nuit partager avec chacun de nous la plus belle des nouvelles : un enfant nous est né, le Sauveur est parmi nous.
Je crois que les paroles du cantique de Zacharie doivent prendre une coloration toute particulière chez nos frères et sœurs chrétiens qui vivent la guerre au quotidien.
Vivre la joie de Noël comme nous la vivons ce soir et la vivrons demain, entourés par nos proches ne nous fait pas oublier les indicibles souffrances de tant de nos contemporains par-delà nos frontières.
C’est vrai, frères et sœurs, nous ne sommes pas responsables de la folie des hommes, du déferlement de violence auquel nous assistons, depuis 3 ans en Ukraine, 1 an à Gaza et au Moyen Orient ou depuis tant d’année dans ce pays crucifié qu’est la Syrie.
Peut-être pas plus de notre faute sont les catastrophes climatiques qui se succèdent de plus en plus fréquemment comme on l’a vu à Valence en Espagne ou dans cette pauvre île de Mayotte.
Mais accueillir pour ce Noël 2024 la venue de Jésus, c’est accepter également d’être à l’écoute de tous ces cris, tous ces appels à l’aide relayés par tant d’associations que nous connaissons tous.
Vous le savez, frères et sœurs, il s’agit de ces ONG, ces structures qui agissent au quotidien pour soulager les souffrances et les injustices qui sont le lot de tant de nos contemporains.
Préparer le chemin de cet enfant qui vient à Noël, de ce Messie annoncé par les prophètes et par Zacharie, c’est aussi agir auprès des plus démunis avec les associations partenaires de la FEP comme notre entraide de Tonneins, avec l’armée du salut ou le secours catholique, c’est soutenir l’ACAT, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture dans son difficile combat pour le respect de la dignité de chaque être humain.
Pour combien d’hommes et de femmes Noël va être ce soir et demain un Noël de larmes, de peine et de solitude ?
Il nous appartient, nous qui avons la chance d’avoir un toit, une famille, des frères et des sœurs de prolonger cette joie de Noël et de la propager autour de nous, tout au long des jours, des semaines et des mois à venir.
La figure de Zacharie est attachante. Rappelons-nous, il est l’incrédule qui n’a pas voulu croire l’ange Gabriel qui lui disait qu’il allait avoir un fils malgré ce grand âge qu’il partageait avec sa femme.
Incrédule ? Nous le sommes tous à propos de la puissance, la force et l’importance du nourrisson qui va naître cette nuit dans toutes les Bethléem de la terre.
Peut-il mettre à bas l’orgueil des grands de ce monde ? Faire taire le fracas des armes et les paroles de haine et de mort prononcées par tous les dictateurs et autocrates que compte notre planète ?
Malgré nos faiblesses, nos doutes et nos peurs, nous croyons aujourd’hui encore que Jésus-Christ dont nous allons fêter la naissance est ce Sauveur que tous les hommes attendent passionnément, qu’il est le Fils du très haut, celui dont Zacharie nous dit qu’il est ce Dieu plein de tendresse et de bonté, celui qui fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix.
Que notre joie soit parfaite en ce soir de Noël ; Dieu est là, il est au milieu de nous.
Amen